A Paris, contre les retraites à points la manifestation de République à Nation a rassemblé plusieurs milliers de manifestant.e.s. Même scénario numériquement variable à Marseille, Lyon, Le Havre, Rouen, Rennes, Strasbourg, Grenoble… soit 166 lieux de manifs pour un total hexagonal de 150.000 mainfestant.e.s. Bon début après celui des agents de la RATP. Prochain rendez-vous le 5 décembre pour la grève reconductible ?
Retraites : La fin d’un système de
financement socialisé
Avec cette
sixième réforme en trente ans, le projet Macron-Delevoye vise à démanteler le
régime par répartition où les actifs financent les pensions des retraité.e.s.
Prétextant, la suppression des 42 régimes de retraites existants pour un régime
unique, ce plan change radicalement de système. Ce sera le chacun.e pour
soi : la retraite par points, où « chaque jour travaillé permettra
d’acquérir des points ». Un point dont la valeur sera décidée par le
gouvernement…
Fini le montant
des pensions calculé pour les fonctionnaires sur les 6 derniers mois (ou les 25 meilleures années pour le privé).
Quant à l’âge
légal, Delevoye évoque « un âge à taux plein » ou âge
d’équilibre », autant dire, un départ en retraite encore plus tardif.
Une contre-réforme idéologique
Cette nouvelle
contre- réforme oublie la question centrale qui devrait être posée dans notre
société, celle de la redistribution des richesses.
Le bénéfice des
seules entreprises françaises du CAC 40 c’est plus de 88 milliards d’euros pour
2017- 2018…
Derrière cette
réforme, ce sont aussi les fonds de pensions qui guettent ! En changeant de
système, l’État encouragera la capitalisation. Cela permettra au
patronat des
assurances de mettre la main sur les colossaux volumes d’argent que
représentera le » marché des retraites « .
Les riches
paieront des assurances privées ; les pauvres travailleront plus vieux, ou
devront se contenter des minima sociaux.
Mettre un terme à la casse sociale
Sur le fond,
c’est le capitalisme qui n’est plus supportable. L’État veut faire payer aux
salarié.e.s une crise capitaliste dans laquelle ils n’ont aucune responsabilité.
Il est temps de mettre un terme à la casse sociale et de construire un
mouvement qui renverse la vapeur. Il faut en finir avec ce capitalisme criminel
qui conduit la société et la planète à sa perte !
Si le
gouvernement a un vrai plan de bataille pour briser les services publics et les
systèmes de solidarité, force est de constater que ce n’est pas notre cas. Les
journées d’action espacées ne sont pas suffisantes pour construire un rapport
de force nécessaire à renverser la vapeur !
Il est important
que nous puissions toutes et tous nous retrouver, travailleurs/euses du privé
comme du public, afin de faire converger nos forces et de construire, en assemblées
générales, un vrai mouvement social.
Seul un
mouvement de grève reconductible et déterminé nous permettra de stopper la
casse sociale et d’imposer :
– Le retour aux 37,5 annuités
pourle public comme le privé
– Pas de pension inférieure au
SMIC. Même si nous rappelons que la CNT ne se satisfait pas du SMIC actuel et
qu’elle lutte pour l’augmentation des revenus les
plus bas avec pour objectif
l’abolition de toutes les hiérarchies de revenus par la construction d’une société
fondée sur la répartition égalitaire des richesses.
– Indexation des pensions sur les
salaires et le refus des retraites par capitalisation
– Garantie d’un taux de
remplacement de 75% du salaire net (calcul sur la base des 6 meilleurs mois)