Étiquette : Luttes

  • Pour la protection des élèves victimes et contre la répression au lycée Utrillo à Stains (93) – Intersyndicale éducation

    Pour la protection des élèves victimes et contre la répression au lycée Utrillo à Stains (93) – Intersyndicale éducation

    Le 28 août 2026, alors qu’elles étaient encore en vacances et préparaient leur rentrée, deux enseignantes du lycée Utrillo de Stains, militantes à la CGT, ont reçu un courrier de l’académie de Créteil annonçant que le recteur « envisageait » de les « muter dans l’intérêt du service », sanction déguisée honteuse pratiquée depuis de nombreuses années par notre institution. Leur faute ? Avoir alerté depuis plusieurs années leur employeur, par des voies officielles et préconisées, sur des agissements s’apparentant à des violences sexistes et sexuelles, des discriminations racistes de la part d’un personnel de l’établissement envers des élèves. D’autres syndicalistes CGT et Sud sont également convoquées au rectorat en septembre suite à l’enquête administrative sans avoir plus de précision quant à l’objet de cette convocation, ce qui ajoute à l’intimidation de la part de l’administration subie par l’équipe du lycée. Lisez la suite dans le communiqué de l’intersyndicale ci-dessous !

  • Nous ce qu’on veut c’est un plan d’urgence ! Intersyndicale 93

    Nous ce qu’on veut c’est un plan d’urgence ! Intersyndicale 93

    L’état investit 30% de moins pour les élèves de Seine-Saint-Denis, 296 fermetures de classe sont prévues pour la rentrée 2026, et au national 4000 postes d’enseignant·es en moins. Revendications : annulation des suppressions de postes, dotations financières et de personnels massives, statuts pour les emplois précaires (AESH, AED), création de postes pour les pôles médico-sociaux.

  • Appel à la grève au DAI stéphanois le 24 mars 2026

    Appel à la grève au DAI stéphanois le 24 mars 2026

    Nous, équipes enseignantes du DAI stéphanois, dénonçons la dégradation des conditions de travail au sein du DITEP Deligny et du DIME Parc Revollier. Ces graves dérives mettent en danger non seulement les équipes enseignantes, mais aussi la qualité de l’enseignement et du suivi des élèves.

    Non dénonçons des pratiques managériales intrusives et déstabilisantes, des interférences dans les missions pédagogiques des enseignants et constatons une dégradation du dialogue professionnel et une mise à l’écart des enseignants des décisions concernant l’organisation de leur travail : changements d’horaires non concertés, non renouvellement de contrats sans explication, mise à l’écart des réunions de projet des élèves, réduction progressive des temps de concertation entre enseignants à des transmissions d’informations administratives, pressions sur les chargés de coordination, la direction du DAI stéphanois semble mener une guerre incompréhensible contre le corps enseignant.

    Nous dénonçons par ailleurs un manque de moyens humains et des choix organisationnels qui mettent à mal les professionnels, leurs missions et les élèves : les temps de co-intervention entre enseignant.es et éducateur.ices sont réduits à peau de chagrin, alors qu’ils sont essentiels à la prise en compte des besoins des jeunes ; les effectifs des classes du DIME Parc Revollier explosent, avec 10 élèves par classe et par enseignant.e, seul.e le plus souvent ; les temps d’inclusion sont de plus en plus rares, faute d’éducateur.ice disponible, l’extrême verticalité et la volonté de contrôle de la direction provoquent des problèmes incessants de communication et d’organisation que les personnels sont bien en peine de régler ;

    Ces dysfonctionnements ont des conséquences graves sur la santé des professionnel.les, provoquent un turn over considérable et des arrêts de travail qui déstabilisent les équipes et dégradent encore plus le climat scolaire.

    Nous réclamons le respect et les moyens de faire notre travail

    toustes en grève le 24 mars 2026

  • L’école le mercredi, ça suffit ! A Paris, comme ailleurs !

    L’école le mercredi, ça suffit ! A Paris, comme ailleurs !

    Aujourd’hui, dans plus de 90 % des communes, les écoles sont revenues à la semaine de 4 jours de classe. Le régime dérogatoire proposé en 2018 est devenu ultra majoritaire, et personne ne s’en plaint (enseignantes, enseignants, AESH, animatrices, animateurs, ATE, Atsem… enfants ou parents).

  • Retraites : les outils

    Modèle de déclaration d’intention de grève 1er degré pour la période : .

    Exemple de tract distribué aux lycéen·nes : ici.

    Affiches CNT éduc : « Et si on gagnait ? » ici et « Travailler plus » .
    Autocollants CNT éduc : « Et si on gagnait ? » ici ; « Travailler plus c’est mort » ; « Travailler plus longtemps c’est mort » ici.

    Lien vers la caisse de grève du 1er degré et aesh : . (+ Un message de la commission « Caisse de grève » de l’AG parisienne 1er degré : et une affichette ici.)

    Caisse de grève éduc IdF : .

    Caisse de grève de l’enseignement supérieur à Marseille : présentation ici et lien pour cotiser .

    Texte « La retraite ne doit pas devenir l’antichambre de la mort » : .

    Illustrations contre la réforme type autocollant : ici et .

    Visuel salaires des femmes et retraites : .

    Illustrations « La grève en pratique » : ici et .

    Illustrations d’Allan Barte en accès libre pour cette lutte sur son site (merci camarade !!!).

    Les mutins de Pangée mettent à disposition des films pour organiser des projections et nourrir les caisses de grève. Tout est expliqué .

    Un mot distribué aux parents : ici. Un autre .

  • Lycée polyvalent D’Alembert (Paris) : seule la lutte paie !

    Les collègues et élèves du lycée polyvalent d’Alembert (Paris 19eme) apprenaient le 15 décembre 2022 que le rectorat de Paris envisageait la fermeture de la formation de moniteur.rice éducateur.rice du lycée. Cette formation ne requiert aucun diplôme à l’entrée et permet une poursuite d’étude post-bac. C’est un diplôme d’État de niveau IV, qui permet à des jeunes, principalement des jeunes femmes issues de lycées professionnels, de devenir des professionnel·les de l’éducation spécialisée. Et après deux ans de formation, la garantie de travailler en CDI dans le secteur de la protection de l’enfance, du handicap ou de l’insertion sociale, secteurs qui sont tous en manque de professionnel·les formé·es. C’est donc une fois de plus une attaque envers les classes populaires et plus particulièrement les femmes !

    Quelques semaines auparavant, mi-novembre, c’est la disparition d’un poste d’enseignant·e dédié à cette formation qui avait alerté les collègues du lycée, disparition annoncée par la direction comme une probable erreur du rectorat de l’académie de Paris. Les demandes faites pour corriger l’erreur n’ont jamais eu de réponses. C’est lors d’une question diverse posée lors du conseil d’administration du 8 décembre 2022, que la direction du lycée a commencé à évoquer une fermeture, sans pour autant apporter d’arguments qui la justifieraient, sinon des chiffres erronés sur le nombre d’élèves. Les collègues du lycée D’Alembert avec le soutien des sections syndicales CNT Education, SUD Education, CGT Educ’action du lycée, ont été aux côtés des collègues concerné·es par la fermeture en signifiant à la direction du lycée qu’ils et elles ne laisseraient pas faire. De leur côté les élèves, devant la violence de cette annonce, ont décidé de se mobiliser dès la rentrée de janvier avec un blocage du lycée. Après deux jours de blocage festif et en lien avec les autres élèves du lycée, le rectorat a reçu une délégation composée d’élèves, et de l’intersyndicale du lycée.

    C’est avec stupéfaction, qu’ils et elles ont appris que l’initiative de la fermeture venait de la direction du lycée qui souhaitaient ouvrir un BTS, plus prestigieux, à la place de la formation. La détermination des élèves et des collègues du lycée enseignant·es et non enseignant·es en a été renforcée. Le vendredi 06 janvier, moins d’une heure après le début du blocage, la proviseure du lycée a informé les membres de la délégation que le rectorat revenait sur sa décision de fermeture.

    Il y aura bien une rentrée en première année en septembre 2023 !

    Mais les collègues resteront vigilant·es, la réforme de la voie professionnelle et la vision purement budgétaire de la région Ile de France et du ministère de l’Education Nationale sont une menace permanente sur toutes les formations et notamment celles destinées aux plus défavorisé·es.

    Cette victoire pour démarrer l’année 2023 est celle d’élèves et enseignant·es déterminé·es et organisé·es, mais aussi celle des soutiens qui l’ont permis par leurs messages, leurs passages devant le lycée ou en prenant le relai pour les contraintes de famille.

    Elle a montré que l’auto-détermination de celles et ceux qui luttent et des modes d’action sans concession permettaient d’envisager des victoires. Nous devons maintenant contraindre le rectorat et la région à revenir sur les fermetures et au Ministère de l’Education Nationale à renoncer à la réforme de la voie professionnelle.

    Seule la lutte paie !

    CNT Education Paris,

    Paris, le 08 janvier 2023

  • FIN DU MONDE, FIN DU MOIS, LE CAPITALISME NOUS FAIT LES POCHES… PENDANT QU’IL NOUS ASPHYXIE !

    Comme fonctionnaires, comme enseignant·es, la défense de l’égalité sociale et des services publics est un devoir.

    Nous serons évidemment en grève le 29 septembre car nous sommes frontalement attaqué·es par ce gouvernement depuis de longues années. Nous sommes rentré·es en septembre dans une école en ruine qui maltraite toujours plus les élèves les plus fragiles et malmène toujours davantage ses personnels.

    Nous serons en grève le 29 septembre car les projets de « révolution copernicienne » du président Macron pour l’école nous seront fatals comme ils l’ont été pour tous les services publics avant nous, de La Poste à France Telecom sans oublier l’hôpital public. Le contenu du « nouveau pacte avec les enseignants » que veulent nous faire avaler les macronistes ne masque que fort médiocrement le nouveau management public. Nous ne sommes pas d’humeur à nous laisser duper. La « lettre aux enseignants » de notre président manager est aussi crédible que les dépliants publicitaires du ministre Blanquer qui nous ont promis sans (pouffer de) rire « l’école de la confiance » et une « revalorisation historique » pendant 5 ans tout en nous appauvrissant et en nous réprimant comme jamais. Nous savons d’expérience que ce gouvernement nous méprise car nos valeurs d’égalité et de coopération sont incompatibles avec les recettes de mise en concurrence et de compétition qui sont les leurs.

    En réalité, les annonces tonitruantes de revalorisation ne concerneraient, en définitive que les 10 premières années de carrière, les autres ne recevraient que quelques miettes. La lettre du président parle de 10 % d’augmentation pour la fin 2023. Il se trouve que les prévisions d’inflation sont du même ordre pour la même période… Pire, on voudrait que nous « méritions » nos augmentations en nous disputant des primes à condition d’accepter des missions supplémentaires. Sauf à faire venir les élèves la nuit, nous n’avons aucune idée de quand ou comment nous pourrions « travailler plus ». Surtout, cette lubie de « salaire au mérite » et le recours décomplexé à des précaires non formé·es finiront de déprofessionnaliser les métiers de l’éducation en transformant les profs en exécutant·es obéissant·es. Défendre la qualité de l’école publique, c’est défendre le statut des personnels construit sur l’engagement et l’expertise professionnelle en dehors de tout arrivisme carriériste. C’est défendre un haut niveau de qualification, qui inclut une mise à jour comme des réflexions régulières concernant nos pratiques professionnelles.

    Quant aux AESH et AED, leur métier, c’est toujours la pauvreté !

    « L’école du futur » dont rêve ce pouvoir est faite de précarité, d’évaluations permanentes, de course de chacun·es contre tous et toutes pour arracher des moyens. L’expérimentation marseillaise de ces écoles « pilotes » est un cauchemar éveillé…

    Le sort de la voie professionnelle serait aussi scellé par son passage sous financement et pilotage patronal.

    Surtout, nous serons en grève le 29 septembre parce que nous savons que le saccage des acquis sociaux, les contre-réformes des retraites ou de l’assurance chômage, la mise sous tutelle managériale de tous les services publics, la destruction des conditions de vie, le pillage des ressources, l’augmentation indécente des prix de la nourriture et de l’énergie, l’inflation continue des lois et réflexes xénophobes ou sécuritaires s’inscrivent dans une logique de profit qui s’avère de façon de plus en plus patente une logique de mort : la logique capitaliste. Les riches, elleux, persistent dans l’accumulation obscène de fortunes arrachées à la faveur de la crise, de la guerre, de l’épidémie. Plus que jamais, « c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ».

    Si nous luttons pour nos salaires, c’est parce que, comme l’ensemble de la classe ouvrière, nous revendiquons le fait de pouvoir vivre dignement. Nous sommes producteurs et productrices de la richesse économique et sociale.

    Si nous luttons pour de meilleures conditions de travail, c’est parce que nos conditions de travail ont un impact direct sur la qualité de ce que nous transmettons à nos élèves, déjà abîmées par une société malade du profit. La qualité du service public d’éducation est un bien commun que nous devons aux jeunes générations.

    Si nous luttons aux côtés de tous les travailleurs, de toutes les travailleuses, c’est parce que nous savons que le sort des employé·es du privé préfigure le nôtre. Nous avons dans nos classes les enfants des familles minées par le chômage ou la précarité. Nous ne pouvons pas créer un collectif de travail dans une classe où les inégalités explosent.

    Si nous luttons par la grève, c’est parce que nous savons que les manœuvres de concertations du pouvoir ne sont que des entreprises de diversion. Il suffit de constater les actes qui se cachent derrières les mots creux de la « communication » orwellienne des bonimenteur·rices en costard.

    Si nous appelons à des grèves longues et dures, ce n’est pas par romantisme mais parce que l’évidence s’impose. Nous devons nous engager dans un rapport de force suffisamment sérieux pour mettre à bas les projeeeeets (sic ! ) qui nous menacent…

    Un autre futur, ça s’impose !

    Toutes et tous en grève le 29 septembre !

  • LP : une double tutelle menaçante !

    La double tutelle, auprès du ministre du Travail et du ministre de l’Éducation Nationale, de la ministre déléguée, chargée de l’enseignement et de la formation professionnels, alimente les craintes quant à l’avenir de la voie professionnelle sous statut scolaire, de ses personnels et de ses élèves. La mise en place de cette double tutelle révèle les intentions du gouvernement de réformer l’enseignement professionnel sous statut scolaire pour le rapprocher de l’apprentissage favorisant ainsi la mixité des publics – éléments qui participent à la dégradation des conditions de travail des personnels et à la fragilisation du statut des PLP. D’ailleurs, Carole Grandjean, à peine nommée à ce poste, a repris les annonces du président en déclarant vouloir entreprendre « une réforme des lycées professionnels sur le modèle de l’apprentissage ».

    Les organisations syndicales (CGT Éduc’action, CNT-FTE, SNALC, SNUEP-FSU, SUD Éducation, SE-UNSA) réunies en intersyndicale nationale de la voie professionnelle s’inquiètent de cette décision qui s’apparente à la volonté de limiter les objectifs de l’enseignement professionnel à l’employabilité immédiate au détriment d’une formation globale et équilibrée à un métier et de sa mission émancipatrice. Elles refusent de voir se développer la mixité des publics. La proposition de doubler les PFMP en terminale ne pourrait qu’amplifier le brouillage entre les différents statuts des jeunes et signerait un renoncement inacceptable du ministère quant à son objectif d’élévation du niveau de qualification de tous les jeunes. Par ailleurs, nos organisations s’opposeront à toute remise en cause du statut des PLP et à toutes nouvelles suppressions de poste.

    Dès la rentrée, nos organisations syndicales (CGT Éduc’action, CNT-FTE, SNALC, SNUEP-FSU, SUD Éducation, SE-UNSA) engagent les collègues à la plus grande vigilance contre ces projets. Des actions et mobilisations d’ampleur seront probablement nécessaires pour maintenir l’enseignement professionnel dans l’Éducation nationale afin de garantir aux élèves l’accès à des certifications professionnelles par un diplôme pour une insertion professionnelle durable et des poursuites d’études réussies pour les élèves.

    Montreuil le 8 juillet 2022

  • 2022.05.09-Émission de la CNT Education 93 : Bilan Blanquer

    2022.05.09-Émission de la CNT Education 93 : Bilan Blanquer

    L’émission radio de la CNT éduc 93, tous les 2èmes mardis du mois sur Radio Libertaire (FM 89.4) !

    Suite à l’élection présidentielle, nous revenons sur le bilan du ministre Blanquer, souvent cité comme ministre de l’éducation le moins apprécié par les agent.e.s du service public d’éducation, du fait de ses réformes (lycée général, lycée professionnel, loi Rilhac, statuts des AESH) et des attaques répressives qu’ont eu à subir les travailleuses et travailleurs (Melle, Saint-Denis, Pantin, syndicat Sud Education 93, Paris 8).

    Les sons de l’émission :
    – Iron Deficiency : Anxiety
    – Pressa : Nero Fumo (feat. Bario)
    – Ramones : Rock ‘n’ Roll High School
    – The Proclaimers : I’m Gonna Be (500 miles)
    – XV ft. Kendrick Lamar : Textbook Stuff

  • Rassemblement à Bobigny pour nos élèves sans-papiers

    Mercredi 16 février – 14h30 – place de la Libération (Bobigny)

    Télécharger le tract ici !

  • Classes-En-Lutte, octobre 2021. AESH, loi Rilhac, Plan d’évaluation en lycée… Blanquer cherche la bagarre

    Classes-En-Lutte, octobre 2021. AESH, loi Rilhac, Plan d’évaluation en lycée… Blanquer cherche la bagarre

    AESH, loi Rilhac, Plan d’évaluation en lycée… Blanquer cherche la bagarre

    AESH statut précaire jusqu’à quand ?

    Si Blanquer et ses sbires se targuent d’avancées notables sur le statut des AESH en raison d’une soi-disant revalorisation de leur rémunération, dans la réalité on s’étouffe devant un tel cynisme.
    Certes, et c’est un bon point, les augmentations de salaires ne sont plus dépendantes de l’entretien professionnel. Elles deviennent automatiques tous les 3 ans. L’augmentation est désormais de 10 points d’indices majorés (soit + 46,86 € sur le traitement brut mensuel pour un temps complet). Et là est tout le problème car la grande majorité des AESH ne peuvent travailler qu’à 62 % c’est-à-dire 24H/semaine puisque leur travail consiste à accompagner les élèves en situation de handicap sur le temps de classe !
    Avec cette nouvelle grille salariale, un·e AESH travaillant à temps plein pendant 30 ans verrait son salaire mensuel augmenté de 398 euros!!!
    Voilà la réponse de Blanquer aux mobilisations AESH d’avril et juin 2021 ! Et pendant ce temps ce même gouvernement continue à maintenir dans une précarité insupportable ce personnel en imposant la généralisation des PIAL (pôle inclusif d’accompagnement localisé) et la mutualisation des aides. Les AESH sont encore plus invisibles, plus précarisé·e·s, clairement méprisé·e·s, déplacé·e·s comme de vulgaires pions pour faire du « saupoudrage » mais en aucun cas il ne s’agit de réel accompagnement des élèves en situation de handicap quand la majorité des notifications de ces derniers ne dépassent pas 6 h/semaine.
    Face à ce mépris de l’institution, les AESH vont, le 19 octobre monter à Paris pour se faire entendre à l’Assemblée Nationale ainsi qu’au ministère de l’Éducation Nationale pour réclamer une fois encore une augmentation réelle des salaires, l’abandon des PIAL et de la mutualisation des AESH, et enfin une reconnaissance du temps plein à 24 h/semaine.
    On peut parier sur l’issue de ce déplacement : un silence de la part de Blanquer !
    Il est temps de prendre conscience qu’avec ce gouvernement la négociation est une perte de temps (et de salaire!) Il faut vraiment engager dès maintenant un rapport de force et réfléchir avec les enseignants à une grève longue pour qu’enfin le gouvernement se rende compte que si les AESH sont absent·e·s des classes, celles-ci ne peuvent pas fonctionner et qu’il ne peut pas y avoir d’inclusion !

    Dans le secondaire, la réforme en marche

    Le rêve de Blanquer se réalise, et la crise sanitaire se révèle à nouveau comme une crise politique. L’an dernier, le ministre organisait l’inégal traitement des élèves en laissant aux établissements le choix dans l’accueil des élèves. Face à cette inégalité flagrante, les mouvements de grève lycéens réclamaient la validation, pour la session 2021, en contrôle continu ; et voici le ministre qui, profitant de la désorganisation qu’il a lui-même produite, passe la quasi-totalité des épreuves communes, déjà discutables, du baccalauréat en contrôle continu.
    Le baccalauréat n’a jamais été égalitaire ; néanmoins, le passage en contrôle continu est une destruction en bonne et due forme de ce qui restait de commun dans l’enseignement secondaire. Désormais, le diplôme obtenu sera directement lié à la réputation de l’établissement. Du côté des personnels, c’est une pression hors norme qui nous est infligée.
    Projet d’évaluation : attention piège
    Les journées dédiées à la rédaction d’un projet d’évaluation sont un simulacre de démocratie, et ne sert à obtenir un semblant de consentement de la part des enseignant·e·s qui pour la plupart se battaient en 2019 contre la réforme Blanquer. Nous savons déjà, pour l’avoir vécu l’an dernier, que le contrôle continu accroît la conflictualité avec les élèves et leurs parents, en faisant reposer la charge du diplôme sur les mêmes personnes qui enseignent aux élèves. Ceci est inacceptable, et ce sont les travailleurs et travailleuses qui une nouvelle fois porteront sur leurs épaules les conséquences d’une réforme inique.
    Il convient donc de refuser le plus possible tout contrôle quantitatif et qualitatif des évaluations données aux élèves, afin de protéger notre liberté pédagogique mais aussi de limiter le contrôle et l’ingérence de nos hiérarchies sur notre travail. Derrière les projets d’évaluation ne se cache aucune velléité égalitaire, nous ne sommes pas dupes !
    La rentrée des classes… toujours plus d’élèves, toujours moins de postes
    Après une année au cours de laquelle nous avons expérimenté, pour beaucoup, des classes à moitié moins d’élèves, la reprise est là encore une sinistre farce : la crise ne faisait que révéler l’urgence sanitaire, mais également pédagogique, de baisser le nombre d’élèves par classe, ce qui n’est possible que par le recrutement massif de personnels dans l’éducation nationale. Le ministère le sait ; mais il sait aussi que la réforme permet justement de gonfler les effectifs de tronc commun au maximum, ce dont les établissements ne se privent pas.
    Des postes se voient encore supprimés, les AED et AESH sont surchargé·e·s de travail et se mobilisent contre la précarité de leur statut. Nous rappelons que sans ces personnels, les établissements, et les élèves ne pourraient être accompagnés dans leur apprentissage ; pourtant, l’heure n’est toujours pas à la revalorisation du statut et du salaire de ces travailleuses et travailleurs

    École, quelle direction ?

    L’école fonctionne de façon collégiale, sans hiérarchie sur place. En conseil des maîtresses et des maîtres comme en conseil d’école, personne n’est subordonné à personne. C’est ce qui permet la richesse et la diversité des équipes, travaillant plus ou moins collectivement, plus ou moins par affinités.
    C’est le modèle de l’école depuis sa création autour de la Révolution, par opposition au modèle bonapartiste et libéral du secondaire, établissements dirigés par un corps de « chefs » non-enseignants. C’est son histoire. C’est sa force.

    C’est ce que la loi Rilhac menace.

    Il faut mesurer à quel point le quotidien des écoles serait bouleversé. Une supériorité hiérarchique de la direction, c’est bien entendu des ordres concernant aussi bien l’organisation de l’école que de chaque classe, la structure, la répartition, les commandes, les méthodes pédagogiques, les projets… Ce peut être aussi l’évaluation de celles et ceux qui sont aujourd’hui des collègues. La condition des dirlos ne serait pas enviable_: plus isolé dans leur équipe et placé sur un siège éjectable, son autorité fonctionnelle serait régulièrement réétudiée et redéfinie par l’IEN ou le DASEN, soumis à une obligation de plaire. Bref, l’ambiance de travail dans nombre d’écoles se dégraderait douloureusement.
    Emmanuel Macron pousse encore plus loin le cauchemar d’une école autoritaire et concurrentielle. Il a imposé, par une expérimentation destinée à se généraliser, aux directions de cinquante écoles marseillaises de se préparer à recruter directement «leur» équipe de profs d’écoles. Ce ne serait pas seulement la fin du mouvement, ce serait la fin de la garantie d’avoir un poste. Les pays qui ont à ce point libéralisé l’emploi des professeurs (en Europe du Nord, par exemple) ont vu leur système scolaire public s’effondrer.
    Ce n’est pas une nouveauté qu’un gouvernement s’en prenne à l’organisation démocratique des écoles. Les tentatives précédentes ont toujours échoué grâce à la mobilisation des instits. La dernière reculade en date est celle de JM Blanquer lui-même, en 2019, quand il a dû renoncer aux EPSF (les Établissements publics des savoirs fondamentaux, souvenons-nous) et à la supériorité hiérarchique des directions dans sa loi de «l’école de la confiance». Il ne l’a pas digérée et remet aujourd’hui le couvert, à quelques mois de son départ du ministère.
    Faisons-lui manger son chapeau et ravaler sa loi, une fois encore.

    Comment résister face à la dérive autoritaire des chefs ?!

    Les chefs c’est comme les étagères, plus c’est haut moins ça sert, pour nous l’idéal serait de ne plus avoir de chefs et d’avoir des établissements autogérés (exemple du LAP «Lycée Autogéré de Paris») avec des collégiales mais ce n’est pas dans l’air du temps. Ces dernières années, les chefs deviennent de plus en plus autoritaires et à l’image de la transition de l’Éducation Nationale vers un fonctionnement de type privée comme à Marseille où Macron/Blanquer ont décidé de donner un pouvoir aux directeurs et directrices d’école en choisissant par exemple le recrutement des enseignant·e·s. Cela pourrait être la fin d’un système qui peut être critiquable mais qui a le mérite de prendre en compte l’ancienneté, les années en REP/REP+, le nombre d’enfants, le handicap, la situation familiale… Le système éducatif se transforme de plus en plus vers un fonctionnement de type managérial et libéral. On le voit en application depuis quelques années avec des chefs qui ne sont plus proches de leurs équipes, qui prennent des sanctions à l’encontre des collègues, qui dysfonctionnent, qui sanctionnent, qui mettent sous pressions les collègues. La salle des profs n’est plus un havre de paix et les collègues en souffrance deviennent de plus en plus la norme. Pour contrer cela, il faut résister, lutter, ne pas avoir peur de faire face aux chefs en refusant les injonctions contradictoires, refuser les inspections, dire NON, avoir les bons réflexes comme ne jamais aller tout·e seul·e à un entretien avec un supérieur hiérarchique (proviseur, inspecteur, etc.), demander sur quels textes s’appuient leurs injonctions et les mettre devant leurs contradictions.
    Bref notre mot d’ordre est de résister collectivement à nos chefaillons, à plusieurs on est plus fort·e !

    Que faire ? La grève

    Le seul moyen de faire entendre nos revendications est de cesser le travail_; il est impensable de laisser se dérouler cette réforme et l’application de l’austérité dans nos écoles sans réagir. Aucun acquis social n’a jamais été obtenu autrement que par la lutte. Aucune réforme ne sera magiquement «retirée» autrement qu’en tordant le bras à ce pouvoir qui ne veut qu’étendre un contrôle sur l’école et ses agents. Blanquer se réjouit du faible taux de gréviste et en conclut que les profs sont donc satisfaits. Personne d’autre que nous ne peut lui faire ravaler son mépris

  • Classes-En-Lutte, septembre 2021. Rentrée pourrie : le virus et le ministre sont toujours là…

    Finies les vacances, ça sent le cartable… Si vous avez éteint votre poste pendant deux mois, voilà une petite « remise à niveau » officielle.

    Petite musique gouvernementale

    La réalité que vous avez sous les yeux n’existe pas. Nous résumons pour vous les vérités du gouvernement :
    - La rentrée aura lieu avec un protocole « léger », niveau 2 (jaune) sur une échelle de 4. Sachant que le niveau 4 est celui que nous avons connu au printemps dernier. La fermeture des écoles est désormais exclue dans les plans gouvernementaux .
    - Pour le ministère , les vaccins protègent des contaminations et de la transmission donc les élèves vacciné·e·s ne sont plus « cas contacts ». Les profs (qui sont tou·te·s raisonnables) sont vacciné·e·s donc protégé·e·s et les élèves commencent à se vacciner avec enthousiasme (et sous l’effet du chantage à l’exclusion de toute vie sociale voire scolaire) (50 % de primo vacciné·e·s chez les 12 – 17 ans). Delta ou pas, « Il n’y a pas de contamination particulière en milieu scolaire » d’après le ministre (Blanquer le 19 août).
    - Les écoles sont restées ouvertes malgré la pandémie grâce à la farouche volonté de notre Ministre (Ne cherchez pas, vous n’y êtes pour rien bande de planqué·e·s). « École ouverte », c’est d’ailleurs le titre de son dernier bouquin.
    - Le laissez-passer sanitaire est démocratique et n’est en rien discriminatoire puisqu’il est constitutionnel.
    « Tout est prêt » (encore) pour la rentrée en cas de fermeture de classe (Blanquer le 19 août 2021).
    Sauf si le KGB renouvelle ses cyberattaques contre « ma classe à la maison » (évidemment).
    - Les manifs du samedi ne sont le fait que d’une petite minorité d’égoïstes colportant des théories fantaisistes et refusant l’évidence scientifique (il faut choisir ses scientifiques, sinon, ça ne marche pas).
    D’après les évaluations du ministre concernant la politique du ministre, « tous les élèves de CP savent lire » (conf de rentrée du 26 août). Ce doit être grâce au ministre.
    - Les profs vont être revalorisé·e·s comme jamais aucun ministre ne l’avait fait avant lui (conf de rentrée) d’ici février 2022. Pensez à réserver votre hôtel à Gstaad pour les vacances d’hiver.

    Des choix sanitaires et pédagogiques contredits par les faits

    En réalité, les vaccins n’empêchent pas vraiment d’être contaminé·e et encore moins d’être vecteur du virus. L’efficacité du Pfizer s’érode au fil du temps face au delta (même s’il empêcherait encore la plupart des formes graves). Par ailleurs, le variant Delta du coronavirus est le plus transmissible à ce jour et se propage facilement chez les enfants. De fait, plusieurs pays tout à fait vaccinés (Israël, Royaume-Uni, USA…) ont récemment enregistré une proportion plus élevée de cas de coronavirus chez les enfants. En Angleterre, plus de 700 000 élèves ont été isolé·e·s après un contact à l’école durant le mois de juillet.
    Donc, au collège et au lycée, la mesure qui consiste à trier les élèves et à ne garder que les vacciné·e·s en cours en cas de détection de covid+ n’est pas fondée sur le plan sanitaire, en plus d’être inégalitaire et discriminante.
    Les interrogations sur l’opportunité de vacciner les personnes très jeunes restent importantes, y compris pour des instances très officielles comme le comité consultatif national d’éthique par exemple.
    Les réformes nocives au service public d’éducation se poursuivent et s’accélèrent en arrière plan tandis que les préoccupations sanitaires occupent le devant de la scène médiatique : passage en force sur la transformation progressive des directeurs du primaire en supérieurs hiérarchiques, gabegie du bac « contrôle continu » et du lycée chaotique qui va avec, démantèlement programmé de l’éducation prioritaire, carnage social du kafkaïen Parcoursup, maintien des AESH sous le seuil de pauvreté… Malgré tout, le ministre défend son bilan en manipulant les chiffres comme à son habitude. Qu’il s’agisse des résultats aux évaluations, des taux de contamination en milieu scolaire ou des montants de sa dernière « revalorisation historique » des professeur·e·s, Mr Blanquer aurait besoin de quelques « vacances apprenantes » pour progresser en mathématiques (ou en sincérité).

    Des choix politiques cyniques et dangereux

    Pour la CNT, l’instauration du « pass sanitaire » pendant les congés d’été, consacre l’avènement d’une société de contrôle généralisée et condamne une partie significative de la population à la relégation sociale et à la misère économique. Il supprime les droits et les libertés de celles et ceux qui ont peur du vaccin, doutent de la parole institutionnelle ou refusent le chantage du pouvoir. Nous aurons dans nos classes des élèves de ces familles sacrifiées. Pour nous, le pass sanitaire est inacceptable et dangereux.
    L’opposition au pass sanitaire fédère des gens de toutes sortes dont beaucoup ne sont pas fréquentables. L’extrême droite instrumentalise la confusion comme c’est son habitude. Nous participons aux luttes pour l’abrogation du pass au nom de nos valeurs et de nos intérêts de classe.
    L’instauration du pass sanitaire est inacceptable parce qu’elle rend impossible les actes de la vie quotidienne pour une grande partie de la population et notamment les gens les plus éloignés des politiques de santé qui sont aussi les plus précaires. Par cette mesure, des milliers de travailleuses et de travailleurs (soignant·e·s, employé·e·s de services, de la restauration, du spectacle, de la culture, du sport, du monde associatif…), se voient menacé·e·s de mise à pied dès le 1er septembre s’ils/elles résistent aux injonctions gouvernementales.
    En choisissant de désigner, dans le discours officiel, les vacciné·e·s comme des gens « responsables », « solidaires » et les autres comme des égoïstes, des complotistes, des fascistes… le gouvernement fabrique et radicalise les fractures entre différentes parties de la population. En faisant semblant de confondre les anti pass et les anti vaccins, il évacue aussi la nécessité du débat démocratique, de la transparence des informations, de l’existence de critiques sur les politiques publiques.
    C’est une mesure dangereuse parce qu’elle instaure un tri entre les personnes dans l’accès aux besoins fondamentaux. En rendant les tests payants, en conditionnant l’accès aux soins courants à la présentation du pass, le gouvernement ne fait pas le choix de la santé publique, il joue avec le feu.
    Certain·e·s soignant·e·s ont déjà annoncé· qu’ils·elles recevraient tou·te·s les patient·e·s qui se présenteraient sans demander le pass, des bibliothécaires sont en grève partout en France pour signifier leur refus de contrôler les usager·e·s et affirmer le droit inconditionnel d’accès aux services publics. Nous affirmons à notre tour, en tant que travailleuses et travailleurs de l’éducation, que nous refusons de trier les élèves sur des critères de vaccination. Nous refusons cette politique à moindre coût qui consiste à surcharger les classes et à se débarrasser des élèves qui ne seraient pas vacciné·e·s en cas de contamination. Nous refusons de faire cours en « présentiel » le jour et en « distanciel » le soir car rien ne justifie cette discrimination et que ce double travail est impossible. Nous rappelons que le « guide » et les circulaires qui préconiseraient une discrimination vaccinale pour les élèves ou les personnels n’ont, à ce jour, aucune valeur légale ou réglementaire. Bien conscient d’être en dehors du cadre légal, le ministre a dernièrement annoncé dans la presse qu’une simple attestation des parents sur la qualité vaccinale de leurs enfants suffirait pour leur permettre de poursuivre les cours en présentiel. Les documents ministériels de cadrage pour la rentrée n’ont toutefois pas été modifiés en ce sens. En reportant sur les familles la responsabilité de ce tri, Blanquer rajoute à la confusion et à l’hypocrisie.
    Une nouvelle fois, il fait enfler l’audimat en multipliant les annonces sur la vaccination de masse dans les établissements scolaires et « oublie » d’expliquer comment, sans moyens supplémentaires, les personnels pourront gérer ce genre d’usine à gaz et dans quel cadre réglementaire l’éducation nationale va pouvoir s’aventurer sur le terrain médical.
    En lieu et place de ces mesures anti-sociales et des coups de com’, nous revendiquons toujours une vraie politique de santé et d’éducation publiques : recrutement pérenne de personnels, ouverture de lits d’hôpitaux et de classes allégées. Nous exigeons la levée des brevets sur les vaccins pour lever toute ambiguïté entre mesures de santé et enrichissement particulier, mais aussi pour permettre la vaccination partout dans le monde pour toutes celles et ceux qui le souhaitent. Nous exigeons des moyens à la hauteur des enjeux sanitaires pour la recherche publique, pour les traitements curatifs et les outils de prévention autant que pour les vaccins. Pour ça nous défendons la socialisation des entreprises pharmaceutiques et la solidarité internationale pour mettre en commun les moyens humains, financiers et matériels. Nous voulons la fourniture de protections efficaces gratuites pour les personnes en ayant besoin ainsi que la gratuité des tests.

    Puisque le gouvernement ne négocie rien, il faut lutter.

    Pour nous, il ne s’agit pas de demander aux pyromanes des mesures pour éteindre le feu. Nous n’obtiendrons rien de ce gouvernement qui défend les intérêts particuliers d’une classe de privilégiés et qui s’acharne dans l’accentuation des politiques capitalistes austéritaires qui nous ont conduits là où nous en sommes. Nous laissons les démocrates responsables et mesurés demander au pouvoir des aménagements de primes, des chefs compréhensifs et des accélérations d’échelons. Pour notre part, nous savons que nous ne sortirons ni de la situation pandémique, ni des inégalités sociales et éducatives, ni de la catastrophe écologique, si nous ne changeons pas radicalement l’organisation du pouvoir politique et de mode de production économique. Aussi, nous restons outrancièrement révolutionnaires. Cette année encore, nous prendrons notre part dans tous les combats, petits ou grands, pour l’égalité économique et sociale et les libertés publiques.
    La CNT éducation appelle l’ensemble des collègues à ne pas se laisser aveugler par les justifications sanitaires et à refuser de mettre en œuvre les mesures discriminatoires qui viseraient les collègues, les élèves ou leurs familles.
    La CNT éducation s’efforcera de soutenir les collègues qui s’organiseront collectivement :
    Pour dénoncer et résister aux pressions mises sur les un·e·s et les autres qui refuseraient de se plier aux injonctions toujours plus sécuritaires, clivantes, stigmatisantes de nos hiérarchies.
    Pour refuser le tri des élèves, le non respect de l’accueil inconditionnel et l’instrumentalisation de la situation sanitaire pour instaurer une société de contrôle.
    Pour obtenir les moyens nécessaires permettant de s’adapter aux circonstances sans impacter négativement nos conditions de travail. Car comme c’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !
    Pour rejoindre les secteurs en lutte pour un refinancement des services publics, une revalorisation des personnels et de tous les bas revenus, un refus du recours systématique aux contrats précaires.

    #s2dé, la bonne direction… si c’est dans le mur !

    S2dé, c’est l’acronyme d’un nouveau « syndicat » des directeurs et directrices d’école. Chut ! L’histoire va commencer.
    Le 10 juillet 2021, une bande de petits cheffaillons en mal de reconnaissance partent en colo entre eux et escamotent un vrai lobby derrière un syndicat des directeurs dans le premier degré.
    Ces derniers se plaignent d’être « chefs de rien et responsables de tout » à l’école. Pour eux l’urgence est de statuer sur une fonction d’autorité dans les écoles afin d’améliorer leur quotidien, pensent-ils naïvement ou de façon carriériste.
    En tête de gondole, récupération éhontée de l’écriture inclusive – seul écran de fumée de leur consanguinité avec le ministre – réseaux sociaux, articles de presse et courriers auprès des députés.

    Réseautage à tous les étages

    À la barre Thierry Pajot, militant lrem qui mesure la réalité de terrain en abonnés facebook (moins de 1 000 abonné·e·s sur 50 000 directeurs et directrices en France).
    Lors de leur congrès on notera également l’intervention de la députée Cécile Rilhac porteuse de la loi pour des chefs dans le premier degré ainsi que de Alain Rei du GDID (groupement de défense des idées des directeurs), ardent pourfendeur de l’horizontalité dans les écoles.
    En devoirs de vacances, ils écrivent des lettres aux députés et ministres pour dire qu’à la rentrée ça serait bien que la loi de leur copine Cécile soit revotée parce que ça leur plairait vachement d’être vraiment des chefs.

    #s2dé, la bonne direction ?

    Dans leur propagande ça ne parle que de direction, jamais d’éducation.
    Ils n’ont visiblement rien à redire sur le fonctionnement managérial de l’école start-up, les réformes Blanquer, les injonctions contradictoires, les outils de pilotage, de contrôle, de fichage, le manque de moyens, etc.
    Dans un article de presse une directrice se plaint qu’ils ne sont pas des chefs d’entreprise et à la lecture on sent bien que ce qui la gêne c’est de ne pas être chef alors que l’école entreprise ça passe crème.
    Ce qu’ils veulent, c’est avancer avec leur temps en commençant par obtenir le képi et le carnet à souches qui leur permettront de fliquer tou·te·s leurs collègues et de mettre les réfractaires au pas, d’outrepasser les décisions collégiales et de se faire mousser auprès de l’institution en lui étant soumise (on dit « loyal »).
    Entre–soi, lobbying, management et autoritarisme, leur direction ne sera pas la nôtre.
    Nous ne voulons pas de chefs dans nos écoles !
    Tout comme leur ministre, ces pantins ne manquent pas de cynisme quand il s’agit d’instrumentaliser le suicide de Christine Renon – une collègue directrice – afin de servir leurs intérêts carriéristes.
    Une aubaine pour Blanquer qui est passé en force cet été en donnant une « autorité fonctionnelle » aux directeurs totalement déchargés comme un test d’une loi Rilhac qui semble inéluctable.
    Là il n’a même plus besoin de se créer un fan club et aura avec ce syndicat une pseudo-légitimité de terrain et un réservoir de chefs acquis à sa propagande. Jean–Michel sait bien que quand on s’adresse à des « syndicats » fabriqués de toutes pièces par ses propres services, ça fluidifie utilement le dialogue social.
    En guise de cadeau de baptême, Jean–Michel ne devrait pas tarder à leur envoyer les caisses de champagne promises à un autre syndicat fantoche – Avenir Lycéen.

    E3C, sans-papiers… la répression continue !

    Le 21 août 2021, Édouard Descottes, enseignant d’Histoire-géographie au lycée Jean Macé, militant au Snes et à LO, a été sanctionné par le rectorat de Rennes par une mutation d’office en zone de remplacement dans le collège de Melesse à 14 km de Rennes. Que lui reproche-t-on ? D’avoir manqué à des exigences pédagogiques sans se soucier d’ailleurs de la période exceptionnelle que nous vivons. D’avoir participé au mouvement de protestation contre les E3C en incitant les élèves à se mettre en grève. D’avoir organisé au sein du lycée une réunion le soir après les cours en présence d’élu·es parent·es d’élèves et d’enseignant·es à propos de la défense d’une élève de l’établissement menacée par une OQTF. La sanction est ainsi d’ordre syndical et politique. On lui reproche d’avoir enfreint « l’obligation de neutralité » qui incombe à tout·e fonctionnaire et d’avoir par tous ces manquements porté atteinte à « l’image et à la réputation du service public d’éducation nationale » .
    Cette sanction gravissime vise à humilier un enseignant sous prétexte de manquement pédagogique. En effet, l’idée du rectorat est de permettre à cet enseignant de revenir aux fondamentaux d’un serviteur de l’Éducation nationale (tenue d’un cours, rédaction du cahier de texte, souci des élèves…). Cette attitude condescendante est une seconde sanction car Édouard, habitué à des lycéen·nes depuis 20 ans, sera dans l’obligation de construire pendant l’année tous ses cours et les adapter à un public qu’il connaît mal. Ce rabaissement vise à museler un syndicaliste et servir d’exemple. Nous voyons comment la notion de fonctionnaire est réduite à la seule idée de soumission, sans pouvoir exercer aucune action ou critique vis-à-vis du devenir de l’Éducation nationale ou de la fonction publique.

  • Le Bac Blanquer maltraite élèves et personnels. Rassemblement devant le ministère lundi 5 juillet.

    Le Bac Blanquer maltraite élèves et personnels. Rassemblement devant le ministère lundi 5 juillet.

    Bac Blanquer, le constat est sans appel : cette première session est une mascarade et un chaos organisé.

    Mise à jour : lundi 5 juillet

    LES SOUS-JURYS DU BAC EN ÎLE-DE-FRANCE SONT À NOUVEAU DÉCALÉS à lundi 5 juillet à 8h30 par le SIEC !!!

    Initialement prévus hier jeudi, déjà reportés la veille mercredi à 22h (voire pour certains hier matin), ces sous-jurys ont été REPORTÉS À SEULEMENT UNE HEURE DE LEUR DÉBUT OFFICIEL À 9h30 ! Quel mépris !

    C’est donc le troisième report de sous-jurys en Île-de-France cette semaine : du mardi matin pour l’après-midi pour les sous-jurys d’harmonisation du contrôle continu, du jeudi pour vendredi, et du vendredi pour lundi.

    Ce que les grévistes du Bac n’auront pas réussi en 2019 (à savoir décaler les résultats du Bac pour dénoncer médiatiquement la réforme à venir), le Ministère risque de le réussir tout seul en 2021. Et certainement pas à cause des grévistes, puisque la solution de secours avait déjà été trouvée par Blanquer en 2019 en direct sur BFMTV, mais bien par le chaos et la désorganisation induites par le Bac Blanquer, le tout-numérique et le sous-investissement dans l’Éducation.

    Le Bac Blanquer, les réformes des lycées et Parcoursup sont des désastres éducatifs et sociaux : ils doivent être abandonnés de toute urgence.

    Celles et ceux qui se sont mobilisés lors de cette première session du Bac Blanquer ont eu raison dès le début. Ils et elles appellent l’ensemble des personnels à se mobiliser par des motions et par la grève lors des sous-jurys du 5 juillet et des oraux de rattrapage, et à les rejoindre dès la rentrée 2021 pour un vaste mouvement de toute l’Éducation contre les réformes Blanquer, contre les mesures du Grenelle et pour un plan d’urgence pour l’Éducation.

    Alors que le Grand Oral a débuté lundi 21 juin dans des conditions souvent ubuesques, il est maintenant temps d’en tirer les conclusions et de dire stop !

    Paris, rassemblement devant le ministère, rue du Bac ! le vendredi 25 juin




    Grand Oral, Santorin, Bac Blanquer, rentrée 2021 : contre le chaos Blanquer !

    TOUTES ET TOUS EN GRÈVE ET AU RASSEMBLEMENT AU MINISTÈRE
    CE VENDREDI 25 JUIN À 14H AU MÉTRO RUE DU BAC

    Ce rassemblement a bien été déposé en préfecture par l’AG interdisciplinaire d’Île-de-France pour permettre aux collègues de se mobiliser, et est déjà rejoint et appelé par des syndicats CGT Éduc’action, CGT Enseignement privé, SNFOLC et SUD Éducation des départements 75, 78, 91, 92, 93, 95.

    En région parisienne

    Afin de déterminer les suites du mouvement sur le Grand Oral et les corrections, une nouvelle AG interdisciplinaire Île-de-France aura lieu ce jeudi 24 après-midi à la Bourse du Travail de Paris, à la veille du rassemblement au Ministère vendredi. Elle est ouverte à tous les personnels de l’Éducation, à commencer par les personnels convoqués ou susceptibles d’être convoqués pour les corrections et pour le Grand Oral.

    AG interdisciplinaire IDF
    CET APRÈS-MIDI jeudi 24 juin à 14h30
    à la Bourse du Travail de Paris
    (salle Jaurès en sous-sol)

    3, rue du Château d’Eau, Paris 10ème, métro République


    DES OUTILS POUR LA MOBILISATION !

    1) Sondage + tableau collaboratif

    Suivi des convocations, suivi des conditions de travail, d’organisation ou de passation des épreuves, et mise en contact des collègues qui seraient prêt
    ·e·s à des actions

    a) Un sondage pour recueillir des informations non publiques et mettre en contact les collègues :
    https://vu.fr/sondage-actions-bac-2021-idf

    b) Un tableau collaboratif public pour partager les convocations et les conditions du Bac 2021 :
    https://vu.fr/tableau-convocations-bac-2021-idf

    Le sondage ci-dessus a déjà permis de mettre en lien dans plusieurs établissements des examinateurs et examinatrices du Grand Oral, des collègues enseignant dans l’établissement, voire des camarades effectuant des « tournées des jurys ». N’hésitez pas à le renseigner rapidement !

    2) Tract pour des « tournées des jurys »
    L’AG interdisciplinaire d’Île-de-France appelle à poursuivre les « tournées des jurys » dans les centres d’examen (avant 8h30 et pendant la pause méridienne de 12h30 à 14h) pour aller à la rencontre des examinateurs de Grand Oral.

    Par ailleurs, n’hésitons pas à demander à nos organisations syndicales respectives des mandats pour pouvoir entrer dans les établissements sans subir de pressions (même s’il est en fait souvent très facile d’entrer dans les salles des profs sans mandat syndical, d’autant plus en période d’examens).

    Il peut enfin être très profitable d’annoncer sur nos différents réseaux les tournées prévues, en proposant aux collègues volontaires de s’y joindre.

    3) Caisse de grève Île-de-France

    Suite à notre expérience très concluante des caisses de grève de la grève du Bac 2019, une nouvelle caisse de grève IDF a été créée avec toutes les garanties légales. Elle est accessible par le lien suivant, à diffuser très largement parmi nos collègues et sur les réseaux sociaux :

    https://www.helloasso.com/associations/association-crbp/formulaires/1
    Les sommes récoltées permettront d’organiser la solidarité financière avec les personnels de l’Éducation des trois académies franciliennes engagés dans la grève à l’occasion des opérations du baccalauréat 2021 (surveillances d’épreuves, corrections de copies, passation d’oraux, commissions…). Elles seront prioritairement affectées aux collègues qui ne seraient pas couverts par des caisses locales. Elles pourront également permettre de couvrir d’éventuels frais liés à la mobilisation, en particulier la défense de collègues qui seraient victimes ultérieurement d’action de répression.

    4) Vidéo produite par nos collègues mobilisés d’Évry (91)

    Lundi 21 juin a eu lieu un beau rassemblement au lycée du Parc des Loges à Évry (91) contre le Grand oral, pour de vraies épreuves nationales avec des moyens, à l’initiative des sections syndicales CGT Éduc’action et SNES-FSU.

    Une vidéo extrêmement claire et vivante a été produite à cette occasion, avec des témoignages des conditions ubuesques de préparation et de passage de cette épreuve, incarnation des réformes Blanquer du lycée. Nous appelons à donner à cette vidéo l’écho et la diffusion qu’elle mérite :

    https://www.youtube.com/watch?v=-7fyA7GoHJE


    5) Rappels Droit de grève

    • Des préavis de grève déposés par tous les syndicats couvrent tous les personnels jusqu’à la fin de l’année.
    • Dans le second degré, on a le droit de se mettre en grève à tout moment de la journée.
    • La CGT Éduc’action et le SNETAP-FSU continuent d’appeler nationalement à la grève du Grand Oral. Les syndicats CGT Éduc’action, SNALC, SNES-FSU, SNFOLC, SUD Éducation ont déposé des préavis de grève spécifiques jusqu’à la fin de l’année. Le SNES-FSU a déposé une alerte CHSCT.

    Une synthèse publiée par le Café pédagogique : « Micmacs sur le bac », là :

    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2021/06/23062021Article637600251663515500.aspx

    Parcoursup. Une plateforme au service du tri social. Par Julien Gossa (Tribune publiée dans Libération du 20 juin 2021)

    Parcoursup s’inscrit dans une réforme globale de l’orientation en France qui sacrifie une partie de la jeunesse aux exigences du marché du travail.

    Depuis le début de la présidence d’Emmanuel Macron, le code de l’éducation a été modifié 178 fois, soit plus d’une fois par semaine scolaire. Cet indicateur doit être considéré avec précaution, mais la liste des réformes est vertigineuse. De la maternelle au doctorat, sans oublier la formation professionnelle et l’apprentissage, tous les secteurs, toutes les voies et tous les niveaux d’éducation des Français ont été modifiés, y compris le système d’orientation, l’organisation des rectorats et des inspections générales, ou la formation et la carrière des enseignants.

    Parmi ces réformes, une des plus visibles pour les familles est l’introduction de «Parcoursup» comme plateforme d’affectation dans l’enseignement supérieur. Sur cette plateforme, les lycéens formulent leurs voeux de poursuite d’études, puis acceptent ou refusent des propositions d’entrée dans l’enseignement. Elle est conçue de telle sorte qu’une majorité de candidats reçoit une majorité de refus et de mises en attente. Cela ne manque ni ne manquera jamais de générer colère et frustration dans les familles. Une politique de contrainte .

    Cette année, une nouvelle réforme a supprimé les trois filières du lycée général pour les remplacer par un choix de «spécialités» et d’«options», plus ou moins à la carte. Ces choix conditionnent lourdement les possibilités de poursuite d’études, mais sans que les familles puissent évaluer dans quelle mesure. Des choix lourds de conséquences ont donc été faits en aveugle par les familles.

    Ce n’est pas un échec, mais une politique : Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal, respectivement ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, ont «beaucoup travaillé» à cette réforme, qui est, en réalité, bien plus large : à un bout est modifié Affelnet, qui gère l’orientation entre le collège et le lycée ; tandis qu’à l’autre bout est renforcée la sélection en master. Nous venons donc d’assister à une réforme totale de l’orientation en France, sans concertation globale ni mandat. Mais dans quel but ?

    Dans les discours qui ont porté ces réformes, une contradiction fondamentale frappe. D’un côté, les mots adressés aux familles sont centrés sur les élèves : leur «liberté», leurs «désirs», leur «mérite» et leurs «ambitions». De l’autre, les mots adressés aux formations sont centrés sur les besoins du marché du travail : la «professionnalisation», les «compétences», la «certification» et «l’insertion professionnelle». A l’évidence, l’un des deux discours est trompeur, car les chiffres sont clairs : il n’y aura pas suffisamment d’emplois pour satisfaire l’ambition de tous les jeunes.

    La démographie étudiante est très dynamique (les effectifs étudiants ont gonflé de 234 700 en cinq ans), mais les jeunes diplômés peinent à trouver un emploi, alors que les pénuries de travailleurs concernent essentiellement les emplois les moins qualifiés.

    En réalité, derrière le discours officiel de liberté se cache une politique de contrainte : en guise de liberté, les lycéens ont surtout l’obligation d’abandonner des disciplines, donc des opportunités de poursuite d’études ; ils auront ensuite la liberté de candidater dans toutes les formations, mais ne seront admis que là où il y a de la place.

    Une jeunesse abandonnée.

    Ces places sont discrètement définies par les rectorats, donc l’Etat.

    L’Etat s’est également doté du pouvoir de définition des quotas, lui permettant de déterminer très finement le profil de celles et ceux qui auront chaque diplôme, à tous les niveaux et dans tous les domaines de la formation. Cet outil est redoutablement efficace. Ainsi, les quotas de boursiers permettent de déterminer la mobilité sociale, et les quotas de secteur la mobilité géographique.

    De plus en plus d’équipes pédagogiques perdent le contrôle de leur formation, généralement au détriment des familles. La réforme des IUT en est un bon exemple. Le DUT a été supprimé sans qu’on sache par quels enseignements il allait être remplacé. Seule certitude depuis le début : le changement des quotas d’accueil.

    A trois mois de la rentrée, les programmes sont si improvisés qu’ils ont été rejetés par le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser). Les quotas, eux, seront mis en oeuvre, contre l’avis des IUT.

    Pour l’Etat, peu importe que l’on enseigne efficacement, du moment qu’on diplôme tant d’individus de telle catégorie à tel niveau de qualification. C’est-à-dire du moment qu’on stratifie la société selon les objectifs qu’il a lui-même fixés.

    Et pour atteindre ces objectifs, le gouvernement est tout à fait prêt à supprimer des formations plébiscitées par les familles, ou encore à empêcher les jeunes désireux d’y entrer.

    Dans tous les pays occidentaux, l’ambition de la jeunesse et la dynamique éducative dépassent les besoins du marché du travail, et les gouvernements doivent choisir entre réformer profondément le travail pour l’adapter aux ambitions des jeunes ou réformer profondément l’éducation pour adapter les jeunes au marché du travail.

    Pour un gouvernement obsédé par les performances économiques, la question est beaucoup plus simple : pourquoi former tant de jeunes si notre appareil économique n’en a pas besoin ?

    Frédérique Vidal prend donc la décision de financer deux fois moins de places qu’il n’y a de jeunes en plus à former. Ainsi, le gouvernement Macron abandonne tout simplement la partie de la jeunesse qu’elle estime superflue.

    En affichant une majorité de refus et de mises en attente, Parcoursup agit alors comme un outil pédagogique auprès des familles, pour leur faire comprendre : «Vous n’êtes pas des premiers de cordées. Notre économie n’a pas besoin de vous. Baissez vos ambitions. Contentez-vous de ce que vous aurez».

    Et pour que ce soit acceptable, le discours méritocratique ajoute : «Vous auriez dû mieux travailler, ou faire de meilleurs choix. C’est de votre faute si vous n’avez pas ce que vous désirez, et non celle d’un système qui ne vous fait pas de place».

    Aux familles aujourd’hui de se demander si c’est cette idéologie qu’elles souhaitent pour leurs enfants. ?

    https://www.francebleu.fr/infos/education/baccalaureat-2021-des-dysfonctionnements-lors-du-grand-oral-1624283636

    En région parisienne /

    RELEVÉ DE DÉCISIONS DE L’AG INTERDISCIPLINAIRE IDF DU LUNDI 21 JUIN

    CONTRE LE GRAND ORAL ET LE BAC BLANQUER, ON CONTINUE !

    En ce premier jour du Grand Oral, les dysfonctionnements et absurdités ont atteint des sommets qu’on n’imaginait même pas : le Bac Blanquer c’est le chaos, aussi bien pour les enseignants que pour les élèves.

    Pour résister au Bac Blanquer et lancer la grève du Grand Oral, des rassemblements ont eu lieu ce matin devant des lycées de 4 départements d’Île-de-France (77, 91, 92, 93), réunissant au pied levé au moins une quarantaine de collègues à chaque fois.

    Une AG spéciale Grand Oral a suivi l’après-midi à la Bourse du Travail de Paris. Celle-ci a réuni près de 70 collègues d’au moins 36 établissements (contre 45 collègues de 25 établissements à la précédente AG), notamment de délégations venant d’établissements très mobilisés le matin même.

    Constatant que la dynamique était positive par rapport à la semaine précédente et que le déroulement réel du Grand Oral faisait monter la colère et démolissait les dernières illusions que l’on pouvait avoir sur le Bac 2021, l’AG interdisciplinaire d’Île-de-France a décidé de poursuivre et d’amplifier le mouvement en continuant à organiser des actions tout au long de la semaine.

    Refusons un Bac Blanquer inégalitaire au possible, inacceptable éthiquement dans son évaluation, et désastreux dans sa mise en œuvre. Le grève du premier jour du Grand Oral n’a pas été le « baroud d’honneur » prévu : continuons la mobilisation toute cette semaine !


    DÉCISIONS DE L’AG INTERDISCIPLINAIRE IDF DU LUNDI 21 JUIN

    1) GRÈVE ET RENDEZ-VOUS DE LA SEMAINE !

    L’AG interdisciplinaire Île-de-France appelle à :

    1) Rejoindre et amplifier la grève du Grand Oral tout au long de la semaine

    , en commençant par ne pas se rendre aux convocations non réglementaires (le soir pour le lendemain matin par exemple).

    2) Continuer à organiser des rassemblements contre le Bac Blanquer devant des établissements de différents départements ce mardi 22 et/ou mercredi 23 au matin, et les diffuser largement.
    Des discussions sont d’ores et déjà en cours dans plusieurs établissements.

    3) Participer à un RASSEMBLEMENT AU MINISTÈRE VENDREDI 25 JUIN À 14H (déclaration en préfecture en cours).

    2) ÉTENDRE ET AMPLIFIER LA GRÈVE DU GRAND ORAL !

    Nous décidons de :

    1) Produire un modèle de tract (voir pièces jointes) en direction des examinateurs du Grand Oral pour les inciter à la grève.

    2) Effectuer des « tournées des jurys » dans les centres d’examen (avant 8h30 et pendant la pause du midi) pour aller à la rencontre des examinateurs de Grand Oral.
    Par ailleurs, n’hésitons pas à demander à nos organisations syndicales respectives des mandats syndicaux pour pouvoir entrer dans les établissements sans subir de pressions (même s’il est en fait souvent très facile d’entrer dans les salles des profs sans mandat syndical, d’autant plus en période d’examens).
    Il peut être très utile d’annoncer les tournées prévues sur nos différents réseaux en proposant aux collègues volontaires de s’y joindre.

    3) Participer à la prochaine AG interdisciplinaire Île-de-France ce jeudi 24 à 14h30 (salle en cours de réservation à la Bourse du Travail de Paris)

    3) MÉDIATISER LES CONDITIONS DU GRAND ORAL !

    Nous appelons à :

    1) Continuer à renseigner le sondage et le tableau public du « contre-SIEC »

    , pour compiler les conditions de convocation, les dysfonctionnements et pour mettre en relation les collègues de mêmes centres d’examens qui seraient prêts à des actions.

    2) Collecter des témoignages écrits / audio / vidéo

     sur le déroulement du Grand Oral de la part de personnels, élèves et parents, et les diffuser sur les réseaux sociaux avec le hashtag #GrandOral. Un outil de centralisation est également prévu.

    3) Organiser une conférence de presse jeudi 24 au matin à Paris (salle en cours de réservation), en invitant également les syndicats lycéens et les fédérations de parents d’élèves.


    RAPPEL DROIT DE GRÈVE

    👉 Dans le second degré, on peut se mettre en grève à tout moment de la journée (notamment face aux conditions concrètes d’organisation et de passation du Grand Oral).
    👉 Des préavis de grève de tous les syndicats nous couvrent jusqu’à la fin de l’année.
    👉 Le directeur du SIEC a assuré aux syndicats franciliens qu’il n’y aurait pas de retenues sur salaire pour les absences s’expliquant par une convocation tardive.

    💡 N’oubliez pas de diffuser largement ce message !


    Bac Blanquer. Plusieurs rassemblements ont eu lieu en régions et devant le ministère de l’éducation à Paris jeudi 17 juin. La veille, c’était à Clermont-Ferrand* et Lille. Ce vendredi 18 à Reims.

    Des AG ont été organisées en Île-de-France, à Grenoble, Bordeaux, Dijon,…
    Une réunion téléphonique de coordination nationale aura lieu ce vendredi 18 juin.

    *https://www.francebleu.fr/infos/education/clermont-ferrand-appel-au-rassemblement-le-16-juin-apres-la-condamnation-de-six-responsables-1623166145

    GRÈVE DU BAC : RASSEMBLEMENT AU MINISTÈRE CE JEUDI 17 JUIN À 14H. AU MÉTRO RUE DU BAC

    Envers et contre tout, Blanquer a choisi de maintenir les épreuves terminales d’un Bac complètement inégalitaire et désorganisé, à l’image de cette année. Dans le même temps, les saignées sur les moyens pour la rentrée se poursuivent, alors que les deux dernières années ont démontré l’urgence d’un plan massif pour l’Éducation !

    Contre les réformes et le Bac Blanquer, pour un plan d’urgence dès la rentrée,

    TOUTES ET TOUS EN GRÈVE ET AU RASSEMBLEMENT AU MINISTÈRE
    CE JEUDI 17 JUIN À 14H AU MÉTRO RUE DU BAC

    👉 Événement Facebook à partager : https://fb.me/e/1ga9u3TMn

    Ce rassemblement intersyndical a bien été déposé en préfecture et est appelé par plusieurs syndicats (CGT Éduc’action Paris, SNFOLC 75, SUD Éducation Paris…), pour permettre aux collègues de toute l’Île-de-France de se mobiliser. Tous les syndicats ont déposé des préavis nationaux de grève jusqu’à la fin de l’année.

    Afin de déterminer les suites du mouvement sur le Grand Oral et les corrections, une AG interdisciplinaire Île-de-France aura lieu après le rassemblement à la Bourse du Travail de Paris. Elle est ouverte à tous les personnels de l’Éducation, à commencer par les personnels convoqués ou susceptibles d’être convoqués pour les corrections et pour le Grand Oral.

    AG interdisciplinaire IDF après le rassemblement
    À 18H À LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS
    (3, rue du Château d’Eau, Paris 10ème, métro République)

    👉 Événement Facebook à partager : https://fb.me/e/2tRyqGSKP

    Merci de diffuser ces informations au plus vite dans nos établissements, syndicats, associations disciplinaires, mailing-lists, etc.


    LES APPELS À LA MOBILISATION

    👉 La CGT Éduc’action et le SNETAP-FSU appellent nationalement à la grève du Bac lors des surveillances et du Grand Oral. SUD Éducation « soutient les personnels qui se mettront en grève à l’occasion des surveillances, des jurys et des corrections ».

    👉 Les syndicats CGT Éduc’action, SNALC, SNES-FSU, SNFOLC, SUD Éducation ont déposé des préavis de grève spécifiques jusqu’à la fin de l’année. Le SNES-FSU a déposé une alerte CHSCT.

    👉 Les associations disciplinaires (dont l’APPEP en philosophie) réclament l’annulation des épreuves terminales et du Grand Oral, tout comme la FCPE et les syndicats lycéens (UNL, MNL, FIDL).

    👉 L’AG interdisciplinaire Île-de-France du 3 juin a appelé à la grève des surveillances le jeudi 17 juin, jour des épreuves nationales du Bac de philosophie et de français, et lors du Grand Oral à partir du lundi 21 juin (voir rappel des revendications ci-dessous).

    👉 Cet appel à la grève des surveillances et du Grand Oral a été également voté dans plusieurs AG d’établissements en Île-de-France et partout en France, notamment par la Coordination nationale de l’Éducation, avec des rassemblements intersyndicaux à Paris, Bordeaux, Grenoble, etc.


    REVENDICATIONS DE L’AG INTERDISCIPLINAIRE ÎLE-DE-FRANCE

    • Annulation de ce semblant d’épreuves terminales aux examens ;
    • Abandon du Grand Oral pour la voie générale et technologique, et l’abandon du chef d’œuvre pour la voie professionnelle ;
    • Retour dès 2022 à un bac comme examen terminal, national, anonyme et réellement égalitaire ;
    • Abandon de la correction numérique ;
    • Admission d’office des candidats en raison du caractère exceptionnel de la situation ;
    • Abandon des réformes Blanquer ;
    • Des moyens en urgence pour septembre, à commencer par l’arrêt des suppressions de postes.


    Grenoble. Mobilisations de fin d’année : stop à l’école selon Blanquer ! L’école de Blanquer n’est pas la nôtre.

    De la maternelle au lycée, les élèves sont lessivés par 5 années de réformes Blanquer. Évalués dès le CP, délaissés au collège avec la suppression à venir des REP, pressurisés et angoissés par la réformes du baccalauréat, pour finalement voir leurs projets d’orientation post-bac broyés par Parcours Sup. Une école inégalitaire et maltraitante, dans laquelle, sous couvert de « confiance », il n’est pas possible de critiquer, de protester sans avoir à subir l’intimidation hiérarchique voire la répression policière. L’école de Blanquer sert ainsi à produire à la chaîne des petits travailleurs « agiles », prêts à s’adapter et se vendre dans n’importe quelle situation, entraînés à obéir aux consignes injustifiées, et habitués à la compétition et à l’individualisme. Nous refusons que l’école abandonne sa mission première : permettre à chaque enfant de s’épanouir et d’acquérir tous les savoirs nécessaires à une vie en société riche et épanouissante.

    Cet acharnement s’effectue également contre les personnels d’éducation dont les conditions de travail n’ont cessé de se dégrader depuis 2017. Manque d’AESH précarisés et malmenés par la mise en place des PIALS, AED devenus les pions corvéables des administrations, baisse du recrutement des enseignants alors non remplacés et dont les tâches n’ont cessé de se multiplier suite à la mise en place forcée de réformes qui leur ont été imposées et auxquelles ils se sont vivement opposés.

    Nous ne pouvons accepter une telle dégradation de nos conditions de travail et d’apprentissage des élèves.

    L’école du tout numérique : contrôler plus pour apprendre moins !

    La seule perspective que propose le ministère depuis 5 ans, avec une accélération spectaculaire liée à la situation sanitaire : le tout numérique. On nous avait dit que les élèves apprendraient mieux seuls devant leur écran, qu’en étant mieux formés les professeurs pourront enseigner à distance de manière plus efficace qu’en classe. Maintenant, nous le savons, l’école du numérique, c’est la mise en place de la distanciation sociale, où seuls les élèves les plus aidés à la maison sont capables de réussir et où les enseignants isolés se voit déposséder de la maîtrise de leur travail. Cela se manifeste notamment dans la numérisation des copies d’examen de fin d’année, inutile et coûteuse écologiquement, dont le seul but est d’accroître la surveillance et le contrôle du travail des enseignants.

    Le bac Blanquer : c’est toujours non !

    Le ministre a décidé de maintenir les épreuves finales de son bac inégalitaire malgré l’année difficile qui vient de s’écouler. Ainsi, malgré la désorganisation généralisée, il choisit de mettre en place ses deux nouvelles épreuve, symboles de son école élitiste et inégalitaire : le Chef-d’œuvre en lycée pro, et le Grand oral en lycée général. Elles valorisent toutes les deux une compétence que l’école n’enseigne pas, et une compétence très inégalement répartie en fonction des familles et des milieux sociaux : le « bagout », l’éloquence, l’art de la formule et de la présentation.

    Pour dire STOP A L’ECOLE BLANQUER,

    le CDE appelle à la mobilisation par la grève :

    Grève des surveillances le 17, Grève des jurys du Grand Oral , Grève de la correction des copies numérisées du baccalauréat.

    Nous appelons les personnels de l’éducation à se mobiliser et à soutenir les enseignants en lutte par la mise en place de caisse de solidarité par établissement.

    Rendez-vous le 17 juin à 12h pour un rassemblement et une AG pour construire la mobilisation contre le Grand Oral et la correction des copies dématérialisées.

    A lire aussi :

    https://lundi.am/Demain-nous-sommes-en-greve

    https://www.apses.org/le-grand-oral-de-blanquer-ni-fait-ni-a-faire/


    Fin d’année à l’éducation nationale. « Certes, la plage est au bout du tunnel, mais le tsunami arrive. »

    Dans un mois, c’est la quille. Si la météo et le virus nous sont favorables, on oubliera un peu cette année kafkaïenne faite de protocoles hiératiques, de promesses en l’air (revalorisations, vaccins…), de manipulations ministérielles, de gestion chaotique, de naufrage managérial, de communications mensongères, de détresse sociale et économique pour nombre d’élèves et leurs familles.

    Dans le secondaire, la gabegie injustifiable des examens de fin d’année met en évidence toute la toxicité de la réforme du lycée. Il y a eu des grèves, des rétentions de copies, des flics en arme dans les bahuts, la réforme est passée en force, le résultat est désormais sous nos yeux. Ces dernières semaines, des élèves ont lutté contre l’injustice de ces « examens », quelques profs les ont soutenu·e·s, ils·elles sont aujourd’hui réprimé·e·s administrativement ou judiciairement. C’est désormais le nouveau visage du « dialogue social » que de disqualifier toute contestation avant de la réduire.

    Nous appelons à refuser et à enrayer jusqu’au bout la machine à sélectionner en rejoignant les mobilisations dans le secondaire.

    Beaucoup se conforment et détournent le regard en pensant passer entre les coups, les ultimes esprits libres, eux, savent que nous sommes en période pré-fasciste. Quand l’institution policière impose ses vérités et dicte ses conditions, quand la hiérarchie de l’éducation nationale convoque des personnels en l’absence de tout manquement déontologique ou pédagogique pour ne reprocher que des positionnements politiques supposés, quand les lois d’exceptions deviennent la règle usuelle, quand le complotisme ministériel désigne ses contradicteurs sous les traits de manipulateurs islamo-gauchistes, il faut se méfier des gens raisonnables et des discours mesurés. Le silence des pantoufles précède toujours le bruit des bottes.

    Éduquer les enfants du peuple n’est pas un boulot comme un autre, certains collègues « apolitiques » nous font définitivement frémir. Qui ne dit mot consent, parait-il.

    Il faut comprendre les incrédules, les orientations politiques et économiques du « monde d’après » sont d’une clarté aveuglante. Dividendes records pour les uns, et, pour les autres, chocs social, réformes chômage et retraite, lois sécuritaires, austérité. Sur ce dernier point, les pénuries chroniques de moyen dans la santé ont été assez illustrées par la crise pandémique et les hôpitaux « saturés ». 4 000 lits de réanimation pour les 11 millions de franciliens, que peut faire l’Hôpital public dans une telle indigence ? Des morts.

    Pour ce qui concerne l’éducation nationale, c’est dans le premier degré que la pénurie chronique d’enseignant·e·s s’impose aux élèves. Ils·elles ne sont tout simplement plus accueilli·e·s à l’école. Des milliers de journées d’écoles ont été refusés aux élèves, car il n’y avait plus d’enseignant·e·s. Le droit à l’éducation, la continuité du service public, l’accueil inconditionnel et l’égalité de TOUS les élèves, tous ces principes psalmodiés en boucle par nos « responsables » ne pèsent pas lourd face à la réalité crue : pas de prof, pas de classe… Incroyable non ?

    Le roi est nu et un ministre ça peut prendre froid. Les parents qui apprennent le matin même que leur enfant n’aura pas classe ont intérêt à avoir un patron compréhensif qui accepte qu’ils ne se rendent pas au travail. Comme aucun employeur n’a besoin de pouvoir compter sur ses employé·e·s, tout se passe toujours très bien.

    Conscient du malaise, le ministre a organisé un Grenelle. Après s’être débarrassé, à l’usure, des syndicats les moins dociles, le ministre a tenu salon avec quelques technocrates et quelques managers, pour la plupart parfaitement ignorants des réalités de l’enseignement puisque parfaitement étrangers au milieu éducatif. Après avoir bien réfléchi, Jean-Michel Blanquer a fait une conférence pour décliner les orientations qu’allait prendre son ministère, tout éclairé qu’il fût par les conversations feutrées et hautement contradictoires qu’il a pu avoir avec ses amis qui avaient refusé « la politique de la chaise vide ». L’éducation nationale va donc se lancer dans le management par objectifs, les primes au mérite, le recours massif aux contractuel·le·s, les contrats de missions, la mise en concurrence des projets éducatifs, le recrutement local et à profil et le renforcement du pilotage par l’affirmation du « leadership » des responsables d’établissement et, notamment des directeurs·rices d’école. Étonnant non ? Le ministre est de droite, ses recettes sont des foutaises qui ont déjà flingué la santé et la joie de vivre de tous les employé·e·s du privé et anéanti tous les services publics (poste, france telecom, edf, hopital…). Il se trouve même des « syndicats » pour y voir une « première étape » vers un avenir radieux. Nous les laissons réclamer une prime maillot de bain et une formation « natation pleine conscience » en prévision du tsunami. Nous, nous préférons les digues et les barricades.


    Appel de l’AG interdisciplinaire Île-de-France sur les examens

    Toutes et tous en grève le 17 et le 21 juin contre le Bac Blanquer !

    Bourse du Travail de Paris, jeudi 3 juin 2021

    Des enseignants et enseignantes des académies de Paris, Créteil et Versailles se sont réunis ce jeudi 3 juin 2021 en « présentiel » en AG interdisciplinaire spéciale Examens. Etaient notamment présentes les directions régionale et nationale de l’APPEP, principale association de professeurs de philosophie.

    Le ministre Blanquer cherche quoi qu’il en coûte à maintenir les épreuves terminales du Baccalauréat, afin d’asseoir sa réforme pourtant massivement rejetée par la profession ainsi que par les lycéens et lycéennes, qui se sont mobilisés depuis le 3 mai dernier. La quasi-totalité des associations disciplinaires et des syndicats se sont positionnés pour l’annulation du « Grand Oral » et du chef d’œuvre dans la voie professionnelle. Quant à l’épreuve terminale de philosophie, les associations disciplinaires concernées revendiquent très clairement leur annulation et appellent « tous les professeurs de philosophie à se mobiliser pour dire leur refus de cette mascarade ». Enfin, le SNETAP-FSU appelle d’ores et déjà à la grève du Baccalauréat, de même que plusieurs intersyndicales et Assemblées Générales régionales.

    En effet, avec les annonces ministérielles prétendant répondre à la mobilisation lycéenne qui réclamait l’annulation des épreuves, le travail de correction des professeurs de philosophie perd tout sens, puisque la note attribuée pourra n’avoir servi à rien et être remplacée par la note de contrôle continu, ou être augmentée de 3 points par un jury dans lequel les correcteurs ne siègent pas. De même, les collègues de lettres devront corriger 8 sujets différents et constatent que les conditions de correction des écrits ou de passation des oraux différent d’une académie à l’autre ! Les dernières annonces de Blanquer dans la presse menaçant les candidats de zéro sans possibilité de rattrapage s’ils ne se présentent pas aux épreuves montrent une nouvelle fois que sa seule préoccupation est de maintenir coûte que coûte ces épreuves factices, simulacres pour dissimuler la destruction du Baccalauréat comme examen national et anonyme.

    L’absence à ce jour de convocations aux différentes épreuves dans la grande majorité des disciplines et des académies révèle le niveau d’improvisation du ministère, à l’image de toute cette première session du Bac Blanquer depuis les E3C, improvisation qui a atteint son paroxysme dans la non-gestion de la crise sanitaire.

    De plus, la numérisation des copies et la correction via Santorin, comme lors des E3C1 de 2020, conduisent à une dépossession des enseignants et enseignantes de leur travail. Alors que les rectorats prétendent que cette dématérialisation ne conduira pas à une surveillance généralisée des correcteurs, ils annoncent dans le même temps que ceux n’ouvrant pas l’application feront l’objet de rappels, et que les inspecteurs pourront vérifier en temps réel la progression de la correction des copies, comme pendant les E3C.

    Cette numérisation des copies conduit de plus à une dégradation des conditions de travail des enseignants et enseignantes, tant sur le plan de la santé, que sur le plan de la charge de travail qui sera accrue. La numérisation ouvre la voie à la possibilité d’envoyer en cours de correction de nouvelles copies.

    Quant aux commissions d’entente et d’harmonisation, là encore, le plus grand flou règne : on ne sait si elles auront lieu, si elles se tiendront en présentiel, dans quelles conditions. Là encore, les enseignants et enseignantes sont dépossédés de leur métier.

    Enfin, comment imaginer maintenir ces épreuves sans tenir compte de la crise sanitaire que nous traversons depuis plus d’un an ? Les candidats se trouvent de fait dans une situation d’inégalité, puisqu’aucun cadrage national des « demi-jauges » n’a été mis en place depuis novembre, que des classes entières ont été placées pendant plusieurs semaines en éviction, sans compter la période de fermeture des établissements. Le maintien de ces épreuves fait de plus courir un risque sanitaire supplémentaire en raison des brassages d’élèves de plusieurs lycées.

    Par conséquent, les personnels réunis en AG interdisciplinaire Île-de-France revendiquent :

    • L’annulation de ce semblant d’épreuves finales aux examens (Bac, Bac pro, CAP, DNB…) ;

    • L’abandon du Grand Oral pour la voie générale et technologique, et l’abandon du chef d’œuvre pour la voie professionnelle ;

    • Le retour dès 2022 à un Bac comme examen terminal, national, anonyme et réellement égalitaire ;

    • L’abandon de la correction numérique;

    • L’admission d’office des candidats en raison du caractère exceptionnel de la situation ;

    • L’abandon des réformes Blanquer ;

    • Des moyens en urgence pour septembre, à commencer par l’arrêt des suppressions de postes.

    Pour faire entendre ces revendications, l’AG interdisciplinaire Île-de-France appelle à :

    • Faire grève le jeudi 17 juin, jour des épreuves écrites de philosophie et français ;

    • Participer à un rassemblement commun à toute l’Île-de-France au ministère le jeudi 17 juin.

    • Faire grève dès le lundi 21 juin, premier jour des épreuves du Grand Oral, et se réunir en AG pour décider de la suite du mouvement ;

    • Se réunir en AG d’établissements, de ville ou de bassin pour décider de la grève ;

    • Organiser des caisses de grève, notamment pour rendre effective la grève du Grand Oral en ne faisant pas reposer la charge financière sur les seuls examinateurs ;

    • Organiser des piquets de grève et rassemblements devant les établissements pour rendre visible notre mobilisation.

    L’AG dénonce également la répression qui sévit contre les personnels mobilisés, et appelle à se rendre massivement au rassemblement intersyndical qui se tiendra au rectorat de Clermont-Ferrand le mercredi 16 juin à 15h pour soutenir les collègues condamnés pour leur participation à la grève des E3C (voir motion votée à l’unanimité ci-jointe).

    Une prochaine Assemblée Générale aura lieu le vendredi 11 juin à 18h à la Bourse du Travail de Paris (salle Varlin), en espérant avoir reçu les convocations pour le Grand Oral d’ici là.

    Une Assemblée Générale aura également lieu le jeudi 17 juin à 18h à la Bourse du Travail de Paris, jour de la grève lors des épreuves de philosophie et de français.