Non à l’augmentation des frais de scolarité pour les étudiantes et les étudiants extra-communautaires !

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Une loi cocktail d’austérité et de xénophobie

Pendant que le CAC40 bat chaque année depuis 2019 le record des dividendes reversés aux actionnaires, l’État s’obstine depuis 2022 à refuser l’augmentation de la SCSP (Subvention pour charge de service public), alors même que les universités sont confrontées à une hausse inédite des dépenses, dans un contexte de crise énergétique et d’inflation. Comme résultat, le montant des dépenses salariales et de fonctionnement non compensées par l’État s’élevait à 542 millions d’euros en 2025, auxquelles il faudra ajouter en 2026 la prise en charge de la protection sociale complémentaire imposée aux universités mais sans moyens supplémentaires alloués par l’État. Après avoir volontairement exercé des pressions économiques sur les universités, l’État les oblige à présent à augmenter les frais d’inscription pour les étudiantes et les étudiants étrangers, afin de rapporter, selon Philippe Baptiste, près de 250 millions d’euros, soit 1,4% du budget consacré à l’enseignement supérieur et à la vie étudiante (18,53 milliards en 2025), 47% de l’argent que l’État doit aux facs publiques. Ainsi le message est clair : les étudiants et les étudiantes étrangères sont appelées à boucher le trou que l’État a lui-même creusé. Quand bien même, selon CampusFrance, les 271 000 étudiant·es provenant de régions hors UE rapportent déjà à l’économie française un solde net positif de 1,35 milliard d’euros en restant travailler en France (88% entre eux). Le projet de loi est donc une tactique connue des économistes : l’optimisation du « coût/bénéfice » de l’immigration étudiante. Une pilule présumée facile à faire avaler après des années à alimenter la xénophobie main dans la main avec l’extrême-droite.

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La CNT Supérieur-Recherche région parisienne se joint à l’appel à mobilisation le mardi 26 mai et jusqu’à l’abrogation de ce décret aberrant, et exige le retrait immédiat de la loi xénophobe « Bienvenue en France ».

Face à l’obscurantisme d’extrême-droite et aux contre-réformes libérales, nous, étudiantes et étudiants, travailleuses et travailleurs de l’Enseignement et de la Recherche, appelons à défendre l’Université comme un bien commun pour toutes et tous et à rejeter l’ensemble des politiques de sélection et d’austérité.

Organisons collectivement la riposte sociale, dans l’ESR et ailleurs !

Le 19 mai 2026, à Paris

Les secteurs Supérieur-Recherche des syndicats de travailleuses et des travailleurs de l’Éducation CNT STE75 et CNT STE93.

[Communiqué intégral à télécharger en-dessous]