Des populations civiles à nouveau assassinées par un déferlement de bombes. Les guerres impérialistes reprennent en Iran et au Moyen-Orient alors qu’elles n’en finissent toujours pas au Soudan, en Ukraine, en Palestine et ailleurs. Foulant aux pieds le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et un droit international de plus en plus fragile, ceux qui déclenchent ces guerres montrent ouvertement leurs intérêts : conquérir des territoires, piller des ressources, asseoir une domination. Et aussi : détourner l’attention des problèmes intérieurs, vendre des armes.
Et pour bien vendre des armes, il faut d’abord les essayer sur le terrain, démontrer leur efficacité, tuer pour de bon
De fait, certains états affichent cette démarche sans détours (États-Unis, Israël). Aussi quand la demande est là, il faut l’assouvir, orienter l’économie vers la production de canons, de missiles, de chars, … La France y excelle en ce moment. Les voitures ne se vendent plus, on va faire des drones d’attaque (Renault), mettre son réseau au service de la détection antidrone « pour se renforcer dans le secteur de la défense » ou bien se reconvertir dans la fabrication d’obus (Fonderie de Bretagne). Sans compter toutes ces entreprises qui fabriquent des composants d’armes (comme ST-Micro). Pour Dassault et consorts, le marché est porteur. Et la France est le second exportateur mondial d’armements. Voyez, les avions Rafale se vendent si bien à l’export.
Accélérer la propagande et
la militarisation des esprits
Car pour que les affaires prospèrent davantage, il faut convaincre l’ensemble de la population du besoin incessant de canons, de guerres et de morts. Il faut faire accepter à l’ensemble de la population qui vit l’exploitation capitaliste et la perte de droits que celles-ci vont encore augmenter. La propagande et la militarisation des esprits sont ainsi en marche, jouant avec des émotions primaires.
Et tout d’abord, la peur de l’ennemi : intérieur pour mater les contestations, extérieur pour les réorienter. La figure éternelle de l’ennemi à combattre. Ennemi qui vous sera clairement désigné, n’ayez crainte. Il suffit d’ouvrir un poste de radio ou de télé.
Le besoin de se défendre en découle naturellement. Il faut réapprendre à tuer dans les règles et sous les ordres, le service militaire revient enfin. Il faut donc aussi se ré-armer. Et pas qu’un peu. Porte-avions à prix d’or (équivalent au moins aux économies escomptées lors de la dernière réforme des retraites), dissuasion nucléaire d’un autre âge, course aux armements.
L’armée c’est naturel…
Et puis il y a sécurité de l’emploi. Il faut bien offrir un avenir à notre jeunesse, hein ? Embaucher ces jeunes technicien.ne.s et apprenti.e.s qui ne demanderaient qu’à travailler dans des usines. A fabriquer des armes qui tueront d’autres jeunes gens certes, mais contre un salaire au minimum garanti.
Car l’armée c’est naturel. On la voit partout depuis Vigipirate, patrouillant gentiment avec ses fusils d’assaut. Elle réalise aussi de plus en plus de manœuvres militaires en ville comme à la campagne. Sollicitant au passage la complicité des habitant.e.s, des personnels soignants, des étudiant.e.s en psychologie (Lyon 2), … Elle vient d’ailleurs dans les écoles, les lycées, les universités, pour participer aux enseignements. L’éducation c’est tellement important.
Quoi qu’il en coûte !
Et tout cela vaut bien quelques sacrifices. On n’a rien sans rien, n’est-ce pas ? Alors, on réoriente les budgets des services publics vers l’armée, l’industrie de l’armement et la recherche militaire au niveau national, comme régional (200 millions, merci Delga). Alors, on envisage le pire, le sacrifice des enfants pour faire comprendre à la population, d’ordinaire si insouciante, que l’heure est vraiment grave, qu’il ne faut pas tergiverser. Quoi qu’il en coûte.
Ce lavage de cerveau protéiforme auquel nous assistons permet de contenir et diriger cette même population. Pour le plus grand bénéfice de profiteurs qui n’auront jamais d’enfants à l’usine, ni sur les champs de bataille.
C’est cette propagande et les intérêts qu’elle sert qu’il nous faut absolument combattre. Ne pas céder aux sirènes médiatiques, exiger l’arrêt des guerres, des complicités et du réarmement, maintenir nos solidarités, lutter pour un autre avenir. Réfléchir, et s’enrager.
Le collectif
Maudite soit la guerre
, Montpellier, le 24 mars 2026
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