Contre les réacs à l’école, la mobilisation a marché

Le spectacle Historock, prévu le 18 décembre 2025 au théâtre de Montrouge pour des classes de collège, a été annulé grâce à la mobilisation des parents d’élèves et des élus locaux d’opposition. Cette représentation était subventionnée par la collectivité territoriale. La lutte a donc payé !

C’est l’occasion de revenir sur ce projet sournois et dangereux.

Le metteur en scène, Dimitri Casali, ancien prof d’histoire, n’a semble-t-il pas gardé de bons souvenirs de son passage dans l’Éducation nationale. On pourrait être d’accord avec lui s’il dénonçait une institution étouffante et potentiellement maltraitante, en complet décalage avec les urgences éducatives, sociales et écologiques. Lui ne regrette qu’un appauvrissement culturel pas assez axé sur la transmission d’un patrimoine historique commun, basé sur les « grandes dates » de l’histoire de France et surtout, à quelques exceptions près, sur les « grands hommes » qui ont « fait » la France, bien souvent des rois claniques et autoritaires, des empereurs mégalomanes ou retors… Pas un mot sur les siècles de monarchie absolue oppressante et sur les révoltes paysannes. Pas un mot sur les différentes révolutions qui ont rêvé et tenté d’autres formes d’organisation sociale. Pas un mot sur la Commune et sa féroce répression. Rien non plus sur les crimes et mensonges coloniaux (ça s’appelle de la repentance et c’est mal !). À travers son spectacle Historock, Dimitri Casali espère faire passer son message auprès de la jeunesse.

Également musicien, il habille un propos glorifiant le passé et la nation avec des « costumes d’époque » et une musique pressentie djeuns, du rock en l’occurrence. Il pense, comme tout bon vulgarisateur, que le contenant facilitera la transmission du contenu, ici une croisade révisionniste et anti-gauchiste (anti woke ?). Sur son site, le spectacle est présenté ainsi : « L’Histoire de France-l’Opéra Rock«  est un voyage musical à travers le temps et l’Histoire, de la naissance de la nation française avec la construction des cathédrales (XIIe s.), jusqu’au général de Gaulle, en passant par Jeanne d’Arc, François Ier, Henri IV, Louis XIV, Marie-Antoinette, les 2 Napoléon ou encore le Front Pop…« 

On se rappellera quand même que le rock, s’il a perdu une part de sa charge subversive, a quand même produit des brûlots politiques balancés par Boris Vian, Dylan, Hendrix, Zappa, Nina Hagen, les Clash, Patti Smith, les Bérus, Rage against the machine, Trust, Brigitte Fontaine et bien d’autres. Avec Casali, on est à des années-lumière de ces fêtes subservises. Pour informations, deux liens intéressants sur le thème « histoire et musique », « Rock et contestation » :

https://lhistgeobox.blogspot.com/

https://rocksound.fr/rock-engage-pourquoi-le-rocknroll-est-toujours-une-arme-politique/

Il faut donc informer, dénoncer et alerter sur ce spectacle assez ridicule au goût douteux qui vise à séduire et enfermer la jeunesse dans une vision étroite et identitaire du passé. Un passé qui fleure bon l’amour des châteaux, du drapeau, du canon et de l’uniforme et qui est en cela tout à fait raccord avec l’ambiance nauséabonde et militariste de l’époque.

Avant l’annulation du spectacle à Montrouge, on pouvait lire dans L’humanité : « …plusieurs syndicats ainsi que des élus de l’opposition réclament l’annulation du spectacle Historock, soutenu par le Fonds du bien commun [et financé par la municipalité et prévu] devant des centaines d’élèves. Ils dénoncent l’entrisme de l’extrême-droite dans les écoles publiques.« 

En effet, ce « Fonds du bien commun » est une fondation qui entend soutenir des projets associatifs et culturels. Cependant, les critères de cette fondation sont dictés par le conservatisme catholique le plus rance. C’est le joujou du milliardaire national-réactionnaire, Pierre-Édouard Stérin, un sacré rocker celui-là !