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Grève

Mouvement lycéen : qui sème la misère récolte la colère

4 octobre 2026 — STE 38

Mouvement lycéen : qui sème la misère récolte la colère
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A Grenoble comme ailleurs, la place des personnels est dans la lutte.

10 jours et quelques centaines de poubelles cramées, c’est le temps qu’il a fallu au ministre de l’éducation pour esquisser une réaction aux revendications des lycéen·ne·s qui occupent la rue et leurs établissements. « Je vous ai compris » ,c’est en substance le message du ministre aux organisations qu’il a reçu ce vendredi 2 octobre. Plutôt que de sortir son chéquier pour tenter de répondre aux revendications élémentaires de manque de moyens clairement posées par ce mouvement, il a préféré proposer une consultation fantoche dans l’éternel numéro d’hypnose communicationnelle qui caractérise le mépris gouvernemental.

Avant, on avait entendu uniquement le ministre de la police nous parler d’ordre, pour éviter, comme d’habitude, de parler des causes des problèmes, à savoir ceux de justice sociale et scolaire.

C’est que, depuis plus d’une semaine, à la suite de premiers blocages d’établissements en région parisienne et en réponse à la répression sauvage des forces de l’ordre, lycéennes et lycéens se mobilisent partout en France pour porter leurs revendications. Suite à un enchaînement de conditions d’étude indignes pour elles et eux, lié entre autres aux canicules précoces du mois de mai, et alors que rien n’a été fait par les services de l’Éducation nationale et les collectivités territoriales, c’est dans ces mêmes conditions que les élèves ont fait leur rentrée.

La bombe à retardement de la dégradation du service public d’éducation est posée depuis plusieurs décennies, peut-être explose-t-elle maintenant, et ça n’étonne certainement pas les personnels de l’éducation, qui constatent avec amertume le gâchis et la violence évitable, parce que prévisible. Quand un pays abandonne sa jeunesse, elle se rappelle à lui avec les moyens dont elle dispose.

Ce qui est en cause, une fois est BIEN coutume, manque de profs, manque de remplaçants, personnels payés au lance-pierre, locaux délabrés, classes surchargées, emplois du temps très lourds, enchaînement surréaliste de réformes et ajustements de dernière minutes, tous les éléments étaient réunis, bien avant les congés estivaux, pour qu’élèves et profs passent une rentrée 2026 des plus merdiques.

Alors que l’État déplore volontiers la dégradation de la santé mentale des jeunes et lance des grands « plans » ministériels, il supprime progressivement l’accès aux soins et aux accompagnements médico-sociaux et s’acharne à priver ces mêmes jeune de tout droit et tout avenir, au profit de son projet ultra-libéral. C’est donc sans surprise que, cette semaine à Grenoble et dans le département, les jeunes n’ayant pas effectué de SNU ou autre Classe Défense ont pu avoir un avant-goût de l’avenir que Macron, Lecornu, Geffray et consorts leur réservent : LBD, lacrymo, insultes, clés de bras… Les instructeurs du septième bataillon de chasseurs alpins n’ont qu’à bien se tenir : à Grenoble et en Isère, les jeunes qui refusent une éducation dégueulasse, on les éduque à coup de matraque.

Comme un CRS devant les lycées de l’agglomération grenobloise, de Bourgoin-Jallieu, Voiron, Vienne, Pont-de-Chéruy, La Mure et tant d’autres dans le département, le Ministère dégaine : fermeture des établissements et cours en visio : briser le mouvement, diviser les jeunes et les personnels. Mais à ce jour aucune communication des services académiques de l’Éducation nationale pour entendre les lycéennes et lycéens mobilisé·es et leurs revendications. On tape donc sur les conséquences dont on cultive les causes, toujours davantage.

Le Syndicat des travailleur·euses de l’Éducation de la CNT 38 exprime sa solidarité avec les lycéennes et lycéens, dans leurs revendications et face à la répression à laquelle elles et ils font face. Sur la base de préavis nous couvrant tous les jours jusqu’aux vacances, nous appelons les personnels de l’éducation à se mettre en grève, pour soutenir les jeunes, pour appuyer leurs revendications, pour ne pas céder aux pressions hiérarchiques, et pour dénoncer la répression qu’elles et ils subissent, pour les rejoindre dans cette lutte qui est la nôtre. Après avoir lutté contre le bac Blanquer, la sélection Parcoursup, le définancement de l’école publique, l’autoritarisme hiérarchique, la pénurie organisée des moyens humains et matériels depuis des années, par la grève, les occupations, les grèves de corrections, les adresses et les palabres infinis auprès de toutes les chaînes hiérarchiques, alors que nous constatons chaque jour notre travail empêché et les défauts d’accès aux droits élémentaires de nos élèves et de leurs familles, nous ne pouvons que rejoindre la colère et la détermination de la jeunesse que nous côtoyons au quotidien.

Personnels et élèves, mêmes galères, même combat : pour rendre l’avenir possible, battons-nous aujourd’hui pour des conditions d’étude et de travail dignes !

La CNT éducation refuse de laisser les jeunes seuls dans la rue et appelle à rejoindre les mobilisations en se mettant en grève, en déposant ses intentions de grève, en étant présent·e devant les établissements.

Mardi 6 octobre – journée nationale de grève et de manifestation.

RDV 10h – Lycée Mounier – 11h place Victor Hugo - GRENOBLE

Publié le 4 octobre 2026 par STE 38